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« DIA DE LOS MUERTOS », AU « MUSÉE DU MASQUE ET DU CARNAVAL », À BINCHE, JUSQU’AU 05 MARS

« DIA DE LOS MUERTOS », AU « MUSÉE DU MASQUE ET DU CARNAVAL », À BINCHE, JUSQU’AU 05 MARS

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« DIA DE LOS MUERTOS », AU « MUSÉE DU MASQUE ET DU CARNAVAL », À BINCHE, JUSQU’AU 05 MARS

Expositions Día Muertos

© « MÜM »

« Je suis la douceur des étoiles, qui brillent la nuit. Ne vous mettez pas devant ma tombe en train de pleurer … Je ne meurs pas », écrivit un quidam mexicain anonymeà l’occasion de la célébration du « Jour des Morts ».

Avec son exposition temporaire « Día de los Muerto »le « Musée international du Carnaval et du Masque » (« MÜM »), à Binche, met à l’honneur l’un des événements les plus emblématiques de la culture mexicaine : la « Fête du Jour des Morts » (« Día de los Muertos »). Au Mexique, la mortcela se fête !

Chef d’œuvre du « Patrimoine oral et immatériel de l’Humanité de l’UNESCO », depuis 2003, la « Fête du Jour des Morts » se déroule partout dans le pays, à travers plus de 360 cultures autochtones. L’édification d’autels, la décoration des tombeset, depuis peu, des parades déguiséesmaquillées et masquées permettent aux vivants de commémorer leurs proches disparus et de leur rendre hommage.

L’entrée de l’expo « Dia de los Muertos » © Photo : Jacques Baudoux

L’exposition « Día de los Muertos », accessible jusqu’au dimanche 05 mars, à 18h, présente le déroulement de cette mosaïque culturelle complexe qu’est la « Fête du Jour des Morts » sous deux angles différents. D’une part, dans un contexte plus rural et traditionnel, avec la communauté des Maya Tsotsil, d’autre part, dans un environnement plus urbain et actuel avec son évolution dans les grandes villes.

Les festivités commencent généralement par le nettoyage et la décoration des tombes des « mueritos » (enfants décédés), le matin du 31 octobreLa famille passe ensuite la nuit au cimetière, car chaque petite âme retrouve le chemin de sa tombe aux premières heures du 1er novembre.

Le temps passé au cimetière – aussi pour les« muertos » (adultes décédés) – n’est pas un temps de lamentations (« nos morts viennent nous voir et nous sommes heureux », écrivit un autochtone), il s’agit plutôt d’un moment où le souvenir des morts permet de les faire revenir un peu à la vie et donc d’accepter et de supporter leur absence durant le reste de l’année. Aussi, pendant la veilléeles familles peuvent boirejouermanger, en écoutant de la musiquefaisant en sorte que les défunts trouvent la paix et retournent vers l’au-delà, dès le lever du soleil le lendemain.

Comme il est coutume dans les rituels mayas, des bougiesposées sur un lit d’épines de pin, sont placées en rangées, car leur lumière est censée guider les morts dans leur voyage de retour sur terre.

L’exposition binchoise évoque particulièrement les Mayas Tsotsil, qui forment l’un des plus grands groupes ethniques de l’Etat de Chiapas, une carte géographique nous situant leurs villages, chacun d’eux possédant son propre cimetière et sa propre façon de célébrer le « K’in ch’ulelal » (« Jour des Morts »), en dialecte tsotsil« k’in » correspondant à « soleil » et « ch’ulel » signifiant « esprits » ou « âmes ».

Une série de clichés, réalisés par deux photographes mexicains, nous dévoile ce rituel vécu au sein de quelques-uns de ces villages. Ainsi, nous assistons, entre autres, à la répartition équitable de morceaux de la viande d’un taureau entres les familles ayant contribué à son achat, avant le début des festivités.

Photos des Mayas Tsotsil : tombes, répartition de la viande & ragout © Photo Expo : J. Baudoux

Pour ce repas de fête, les femmes préparent de l’ « atole » (boisson chaude aigre, à base de maïs) et un ragoût de taureau, l’accompagnement étant assuré par des « tamales » traditionnels mayas (papillotes de pâte de maïs, cuite à la vapeur et enveloppée dans des feuilles d’épis de maïs) et des « tortillas » (galettes de maïs souples, cuites au feu de boisfourrées de la viande de taureau).

Le « Jour des Morts », dans les villes mexicaines, suit globalement la même structure temporelle que dans les villages des Mayas Tsotsil. Cependant, la fête se dote d’une iconographie particulière en rapport avec les crânes et les squelettesabsents de la tradition maya.

Cette iconographie relativement récente, s’est développée dans la seconde moitié du XXè siècle, principalement sous l’influence des gravures de l’artiste mexicain José Guadalupe Posada (1852-1913), des copies de plusieurs d’entre elles étant exposées, extraites du livre américain « José Guadalupe Posada popular Prints » (Ed. « Julan Roberstein »Boston/1993).

« Calavera Garbancera » ( José Guadalupe Posada)

Ses gravures mettent en scène des squelettes qui boiventchantentdansent et rient, la plus célèbre d’entre elles, devenu un symbole de la culture mexicaine, s’intitulant Calavera Garbanceraune femmeà la tête de morteporteuse d’un large chapeau, décoré de plumes.

« Calavera Garbancera », figurine en porcelaine (Coll. de Jorge Calderon) © Photo : « MÜM »

Une « Calavera », en porcelaine (Coll. de Jorge Calderon) © Photo : Jacques Baudoux

Autre « Calavera », en porcelaine (Coll. de Jorge Calderon) © Photo : Jacques Baudoux

Si ses illustrations servaient de satires politiques de la société mexicaine de l’époqueplusieurs artistes se sont inspirés de l’oeuvre de José Guadalupe Posada, comme le peintre français Louis Henri Jean Charlot (1898-1979), ainsi que ses collègues mexicains Frida Khalo (Magdalena Frida Carmen Kahlo Calderón/1907-1954) et Diego Rivera (1886-1957), qui influencèrent, ainsi, l’imagerie liée à la « Fête des Morts ».

DisqueDF: "Museo Mural Diego Rivera" ("Sueño de una tarde dominical en ...

Fresque murale « Sueno de una Tarde Dominical en la Alameda Central »/1946 (Diego Rivera/non exposée)

Grâce à un prêt du collectionneur mexicain, domicilié à Antwerpen, Jorge Calderon, nous retrouvons la « Calavera Garbancera » statufiée en une haute céramique (2010), tous comme une quinzaine de statuettes de formats plus réduitsces femmes-squelettes  étant habillées telles des bourgeoises européennes.

Couple prêt pour une parade urbaine © Greta Rico © Photo Expo : Jacques Baudoux

A côté de ces fort jolies statuettes, notre attention est attirée par la photographie, grand formatd’un couple mexicainaux visages maquillésparticipant à une paradedans la Ciutad de Mexico, réalisée par la photographe professionnelle mexicaine  Greta Rico, dont une sélection de photos nous sont présentées en diaporama.

Spectre

Parade d’ « El Dia de los Muertos », dans « 007 Spectre » © « EON Productions »/« MGM Columbia Pictures »

Le succès récent de ces parades mexicaines masquées et maquillées, mettant en scène la figure de la Mort, lors du « Jour des Morts », peut s’expliquer par le fait que le Mexique est une terre de cultures et de traditions multiples, au sein de laquelle le masque est très présentle cinéaste américain Sam Mendes l’ayant fort bien compris, en réalisant le 24è film de James Bond,  « 007 Spectre » (USA-UK/2015/148’/film lauréat, en 2016, de deux « Prix de la meilleure Chanson originale » {« Writing’s on the Wall », par Sam Smithaux « Oscars » et aux « Golden Globes »), son long métrage étant à la base de l’organisation annuelle de cette parade dans la capitale mexicaine, cette parade contemporaine n’ayant donc rien d’historique, contrairement au rituel des Mayas Tsotsil.

Les masques représentant la Mort peuvent être assez variés blancs ou colorésavec des expressions graves ou rieuses. A noter que dans les danses qui font interprétées durant ces célébrationsle personnage de la Mort joue un rôle de bouffondont le but est de  capter l’attention du public.

© « MÜM »

Le parcours se poursuit avec, importés de la culture européenneune série de huit masques de diables, provenant la collection permanente du musée, l’un des masques venant de Costa Rica, prouvant que certaines traditions mexicaines sont partiellement reprises dans différents pays de l’Amérique latine (Bolivie, Costa Rica, EquateurGuatémalaHaïti et Pérou).

Trois squelettes (en papier mâché) jouant aux cartes © Photo : Jacques Baudoux

Squelette (en papier mâché) jouant au cartes © Photo : « MÜM »

Deux squelettes (en papier mâché) sur un banc © Photo : Jacques Baudoux

Au sein de l’exposition, nous trouvons, également, un crâne en sucre et différentes scénettescréées en papier mâché, telles celle de trois squelettes jouant aux cartes, de deux autres assis sur un banc, sans oublier celui sortant de son cercueil.

Squelette (en papier mâché) sortant d’un cercueil © Photo : Jacques Baudoux

Autel rituel des Mayas Tsotsil (illustration, non exposée)

Autel « du musée », avec des photos d’anciens responsables © Photo : Jacques Baudoux

L’avant dernière salle – décorée de guirlandes traditionnellesen papier coloré et finement découpé – accueille, avec l’appui d’une artiste mexicaine, Sandra Rivasdeux autels rituels, tels que ceux réalisés, d’une part, dans les maisons des familles de Mayas Tsotsil, et, d’autre part, côté urbainau sein d’institutions officielles. Nous y retrouvons nombre de fleurs (au Mexique, ce sont des fleurs de « cempasúchitl » {œillets d’ Inde}, qui sont achetées ou récoltées dans les champs locaux) et de bougies, ainsi que des offrandes allant de fruits et d’autres nourritures, maïs inclus, jusqu’aux bouteilles de limonades et d’alcools, sans oublier des crânes en sucre et des statuettes en porcelaine.

Clémence Mathieu, nouvelle directrice - Édition digitale de Centre

Clémence Mathieu, conservatrice du « MüM » © «  Sudinfo »/2017

Comme le disais la conservatrice du « MüM »docteure en histoire de l’artClémence Mathieulors du vernissage de l’exposition :  « Puisque les autels sont traditionnellement érigés en l’honneur des personnes décédées de la famille, nous avons décidé d’y placer, en photographies, la famille du musée, c’est-à-dire, son fondateur, Samuel Glotzet (1916-2006/ndlr), le bourgmestre en place, à l’époque , Charles Deliège (1901-1970/ndlr) et le directeur du musée (pendant 25 ans, jusqu’en 2006/ndlr), Michel Revelard (1941-2011/ ndlr). C’est ainsi une manière de leur rendre hommage. »

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 Parade d’ « El Dia de los Muertos », dans « 007 Spectre » © « EON Productions »/« MGM Columbia Pictures »

Notre visite se termine dans une petite salle de projections, dans laquelle quelques extraits de films nous sont proposés, allant de la séquence d’ouverture de « 007 Sceptre », déjà cité, à un dessin animé des « Studios Disney-Picard »« Coco » (Adrian Molina & Lee Unkrich/USA/2017/105’/film lauréat, en 2018, de deux « Oscars », ainsi que deux « Prix du meilleur Film d’Animation »aux « Golden Globes » et aux « British Academy Film Awards »).

« Coco » (Adrian Molina & Lee Unkrich) © « Studios Disney-Pixar »

Ouverture : jusqu’au dimanche 05 mars, du mardi au vendredi, de 09h30 à 17h (jusqu’à 18h, ce mardi 21), samedi & dimanche, de 10h30 à 17h. Fermeture exceptionnelle : ce mercredi 22. Prix d’entrée (incluant l’accès aux collections permanentes) : 8€ (7€, pour les étudiants et seniors / 6€, pour les enfants / 0€, pour les moins de 6 ans). Prix par personne, au sein d’un groupe : 7€  (6€, pour un groupe d’étudiants ou de seniors / 3€, pour un groupe d’enfants / 1€, pour une groupe scolaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles). Contacts : info@museedumasque.be & 064/33.57.41Site web : http://www.museedumasque.be.

 

« Masques aux 5 Coins du Monde“ © « MÜM »

Fotos do dia - 12 de fevereiro de 2013 - ÉPOCA | Sociedade

Retour du Carnaval de Binche, pour la « Mardi Gras » 2023

Voici une excellente idée de sortieen famille, à l’occasion du présent congé de printemps, pour un prix d’entrée particulièrement démocratiquede maximum 8€, nous permettant, aussi, inclus dans le prix, de (re)découvrir les trois collections permanentesde l’exceptionnelle présentation des « Masques aux 5 Coins du Monde“venus des 5 continents, avec vidéos des carnavals marionnettes, vêtements festifs, … ; jusqu’aux « Carnavals et Folklores de Wallonie »un parcours au cœur d’une terre riche de ses nombreux folklores ; en passant, bien sûr, par le « Centre d’Interprétation du Carnaval de Binche », … ce dernier, repris, depuis 2003, sur la liste du « Patrimoine oral et immatériel de l’UNESCO », reprenant vie, cette année, pour le plus grand plaisir des  Binchois 

Yves Calbert.

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