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« LE SERPENT COSMIQUE » (« UTOPIA-LILLE 3000 »), AU « MUSÉE DE L’HOSPICE COMTESSE », JUSQU’AU 02 OCTOBRE

« LE SERPENT COSMIQUE » (« UTOPIA-LILLE 3000 »), AU « MUSÉE DE L’HOSPICE COMTESSE », JUSQU’AU 02 OCTOBRE

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« LE SERPENT COSMIQUE » (« UTOPIA-LILLE 3000 »), AU « MUSÉE DE L’HOSPICE COMTESSE », JUSQU’AU 02 OCTOBRE

« Le Serpent cosmique » © « Utopia »/« Hospice Comtesse »

« Les attentes sont grandes de se retrouver autour d’événements populaires, de partager à nouveau, de s’émouvoir et de s’émerveiller collectivement autour de l’art et de la nature … Nous souhaitons éveiller les consciences grâce à l’art. Face à l’impératif écologique, les artistes, de plus en plus engagés, sont nombreux à se servir de leurs créations pour susciter une réflexion, mais aussi nous donner envie de participer activement, individuellement et collectivement, à la sauvegarde de la nature, de la faune comme de la flore », écrit la Maire de LilleMartine Aubry, en introduction à l’événement « Utopia », programmé dans le cadre de « Lille 3000 ».

Première salle pour « Le Serpent cosmique » © « Hospice Comtesse » © « Utopia »

L’un de nos coups de coeur est, sans conteste, l’exposition « Le Serpent cosmique », présentée, jusqu’au dimanche 02 octobredans le Vieux Lille, au sein du « Musée de l’Hospice Comtesse »autrefois « Hôtital Notre-Dame », fondé en 1237, par la Comtesse Jeanne de Flandre (1295 – 1374), les batiments  ayant été rénovés au XVIIè siècle.

Seconde salle pour « Le Serpent cosmique » © « Hospice Comtesse » © « Utopia »

Dès notre entrée, dans la cour intérieure, nous découvrons deux imposants serpents – parés de motifs circulaires colorésdressés en position d’attaque -, une  oeuvre de Jaider Esbell (1979-2021), artiste et écrivain brésilien, membre de l’ethnie amérindienne Macuxi, qui joua un rôle central dans le mouvement pour la reconnaissance de l’art indigène contemporainSon travail entremêle mythes indigènescritiques de la culture hégémonique et préoccupations socio-environnementales.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est hospice_31_serpents_cour.jpegDeux « Serpents cosmiques » (Jaider Esbell) © « Utopia »/« Hospice Comtesse »

Symboles de fertilité et d’abondanceces serpents géants, en transit entre les mondes, continuent de veiller à la protection des peuples indigènes d’Amazonie  et de notre nature commune.

Seconde salle pour « Le Serpent cosmique » © « Hospice Comtesse » © « Utopia »

« Le Serpent cosmique, l’ADN et les Origines du Savoir » (1995) est le titre du livre mythique du docteur en anthropologie de l’ « Université de Stanford »Jeremy Narby (°Montréal/1959). Il y démontre qu’aussi bien dans les forêts d’Amazonie que dans les montagnes de l’Himalayades  chamanes  ont, de manière incompréhensible pour la science, créé des substances aussi puissantes voire davantage que celles inventées par la chimie moderne, guérissant l’homme de nombreuses maladies, grâce à l’association de plusieurs plantes naturelles.

À partir des recherches de Jeremy Narby, le philosophe français Edgar Morin (né Edgar NahoumParis/1921), dans son ouvrage « Sur l’Esthétique » (2016), affirme que les artistes créent leurs oeuvres dans un état « post-chamanique », c’est-à-dire, sans même en avoir conscience, en connexion avec le vivant, la nature comme l’animal.

Cette exposition s’inscrit, aussi, dans l’esprit du philosophe lillois Etienne Souriau (1892-1979), qui développait le concept d’art naturel et pur, en affirmant que la création artistique devait s’inspirer de la nature.

Les « Minitos » à table © Jean-François Fourtou © « Utopia »/« Hospice Comtesse »

Le lien nature/culture/utopie étant essentiel dans l’acte de création artistique, cette exposition explore la manière dont les artistes s’inspirentse nourrissentvoire fusionnent avec la nature et le vivant, afin de créer des utopies.

Les « Minitos » à table © Jean-François Fourtou © « Utopia »/« Hospice Comtesse »

Présentant de nombreux artistes contemporainsissus de tous les continents« Le Serpent cosmique » nous offre un regard planétaire, se déclinant en trois thématiques : les hominidés, le monde naturel et le cosmique.

Un « Minitos » à table © Jean-François Fourtou © « Utopia »/« Hospice Comtesse »

Cette expo prolifique – conçue comme une promenade labyrinthiqueorganiquesurprenante, voire hallucinante – traverse, avec sensibilité, des courants et 
pratiques artistiques diverses, de l’ « Arte Povera » aux installations interactives et expérientiellesde l’art chamanique à la jeune peinture des millennials.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est hospice_30_jus_tomates_table.jpgDeux « Minitos » à table © Jean-François Fourtou © « Utopia »/« Hospice Comtesse »

Tout au long de notre parcours, nous profitons d’un dialogue entre des oeuvres contemporaines – comme les « Minitos » et les « Nanitos »créés par un artiste plasticien français, déjà invité, par le passé, par l’association « Lille 3000 », travaillant aujourd’hui à Marrakech, Jean-François Fourtou (°Paris/1964) – et le mobilier, les peintures, …, de la collection permanente du« Musée de l’Hospice Comtesse », vivant, ainsi, une véritable expérience immersive et sensorielle, pour explorer différemment notre place dans le monde et éveiller, ou réveiller, le lien profond qui unit l’homme à la nature.

Des « Nanitos » dans le jardin médicinal © J.-F. Fourtou © « Utopia »/© « Utopia »/« Hospice Comtesse »
Deux « Nanitos » dans le jardin médicinal © Jean-François Fourtou © « Utopia »/« Hospice Comtesse »

A noter que cette exposition se prolonge dans l’accueillant jardin médicinal de cet ancien hôpital, envahi par une série de jardiniers « Nanitos »personnages sculptés avec des têtes d’artichaudsde chouxde navetsde poivronsde tomates, …, ainsi qu’à l’extérieur du musée – sis à proximité de l’avenue du … Peuple Belge -, avec une maison, gardée par un « Nanitos » géantcette installation, dans laquelle nous pénétrons, nous proposant des chaisesun litune table et  autres meublesprévus pour accueillir des … géants …

« Nanitos » géant (© J.-F. Fourtou) et maison de l’étrange © « Hospice Comtesse » © « Utopia »

Inutile de préciser que cet univers XXLà la « Gulliver », ainsi que les petits « Minitos » se promenant parmi les assiettes, les couvertsles tassesles verres, posés sur la table de la salle à manger du musée, plairont à nos enfants, rendant cette visite idéale en famille.

Mobilier géant © « Hospice Comtesse » © « Utopia »

Précisons que ces « Nanitos » et « Minitos » prennent leurs sources dans un conte que l’artisteJean-François Fourtou, transmettait à sa fille, ce récit évoquant de petits personnages, qui vivaient sous terre, creusant des labyrinthes souterrains, se nourrissant d’un environnement naturel.

Dans le jardin de l'Hospice Comtesse, un des Minitos de Jean-François Fourtou arrose le sol, pendant qu'un ours de Fabrice Hyber guette.Un « Nanitos » (© Jean-François Fourtou) et un ours (© Fabrice Hyber) © Photo A.V./« Lille Actu »

N’oublions pas de mentionner une salle particulière, où une quinzaine d’entre nous étaient invités à se coucherles yeux fermés, durant une dizaine de minutes, un bruit continupareil à un soufflecomme une métaphore du souffle de vie, résonnant dans nos oreilles, alors que des centaines de feuilles séchées et une branche sont attachées sur un mur, nous laissant l’impression de méditer en pleine nature.

Allongés, yeux fermés, entourés de feuilles sèchées © « Utopia »/« Hospice Comtesse »

Ouverture : jusqu’au dimanche 02 octobre, le lundi, de 14h à 18h, du mercredi au dimanche, de 10h à 18h. Prix d’entrée : 7€ (5€, de 12 à 29 ans & pour les étudiants / 0€, pour les moins de 12 ans). Contacts 00.33.3/28.36.84.00Site web : http://www.lille.fr/le-Musee-de-l-Hospice-Comtesse &  http://www.facebook.com/museehospicecomtesse.

Profitant de votre présence à Lille, n’hésitez pas à visiter d’autres expositions de l’événement « Utopia »à l’ « église Sainte-Marie-Madeleine », à la « Gare  Saint-Sauveur », à la « Maison folie Moulins », à la « Maison folie Wazemmes », au« Palais des Beaux-Arts »au « Tri Postal », …, toutes accessibles jusqu’au dimanche 02 octobre.

Yves Calbert.

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