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« LE TEMPS DU SACRÉ » & « WATER », À LA « VILLA EMPAIN », JUSQU’AU 10 MARS

« LE TEMPS DU SACRÉ » & « WATER », À LA « VILLA EMPAIN », JUSQU’AU 10 MARS

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« LE TEMPS DU SACRÉ » & « WATER », À LA « VILLA EMPAIN », JUSQU’AU 10 MARS

 

« 1312 Flammes sur l’Eau »/2022 © Daniel Buren © Ph. : Silvia Cappellari

Jusqu’au dimanche 10 mars inclus, retrouvons-nous à la « Villa Empain », à Ixellesoù la « Fondation Boghossian » nous propose de découvrir deux expositions temporaires :

*** « Water » (rez de chaussée & 1er étage) :

Goutte d’eau (détail)/1989 © Kim Tschang-Yeul © « Fondation Boghossian »

Depuis les temps les plus ancestraux jusqu’à nos jours, l’eau fascine par sa dimension vitale et spirituelle. C’est par l’eau que se noue le lien entre les êtres vivants et le monde.

« La Valse des Méduses »/2023 © Céline Pagès & Christine Marchal © Ph. : Silvia Cappellari

Suspendue dans le grand hall, nous sommes séduits par une installation« La Valse des méduses » (2023, in situ), réaliséein situ, par Christine Marchal  (1971) & Céline Pagès (1997), cette dernière ayant écrit, pour le « Carnet du Visiteur » : « Ma pratique relie l’existant pour rendre le visible autrement, offrant de multiples points de vue, de nouveaux chemins entre les éléments. »

La présente exposition « Water » nous propose une réflexion poétique et sensibleautour de l’œuvre de l’artiste sud-coréen Kim Tschang-Yeul (1929-2021), connu pour ses fameuses représentations de gouttes d’eau. Mobilisé durant la guerre de Corée (1950-1953), il assiste, impuissant, à la mort de nombreux camarades soldats. L’acte répétitif consistant à peindre des gouttes d’eau lui servit, en quelque sorte, d’outil thérapeutique, rapprochant son art du
surréalisme et de la spiritualité
. Aussi, l’exposition aborde les différentes manifestations de l’eau au travers de nombreuses œuvres contemporaines  et installations in situ d’artistes de tous les horizons.

« Les poissons des grandes profondeurs ont pied »/2006 © Yves Chaudouët © Ph. : Steeve Constanty © « Fondation François Schneider »

Des oeuvres de trois autres artistesPatrick Bailly-Maître-GrandOlafur Eliason et Marion Schutzsont exposées au rez-de-chaussée, alors qu’à l’extérieur, notre attention est attirée par les « 1312 Flammes sur l’Eau » (2022), crééesin situdans la piscinepar Daniel Buren.

Suspendues au mur de l’escalier d’honneur, nous découvrons « 25 Drops »25 gouttes en verre souffléune création de l’artiste verrier américain Jeff Zimmerman.

Comme nous nous trouvons dans une maison de maîtreles différentes petites salles portent chacune un nom propre à leurs anciennes fonctions. Ainsi, au premier étage, dans la « chambre nord », nous trouvons « Les poissons des grandes profondeurs ont pied » (2007-2008), une création d’un autre artiste verrier, français, quant à lui, Yves Chaudouëtcombinant verre soufflé, verre travaillé au chalumeau et verre argenté.

Vient ensuite la « salle d’armes », où sont exposées des oeuvres de Walid RaadLéon Spilliaert & Bill Viola. Un étroit couloir nous emmène dans la « salle de bain bleue », à la découverte des travaux de Bianca Bondi, Jose Davila & Benoît Pype.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est Fondation_Boghossian_Asuncion-Molinos-Gordo_1-467x700.jpg

« ¡Cuánto río allá arriba ! »/2021 Asunción Molinos Gordo © « TBA21 » © Ph. : S. Cappellari

Dans la « chambre d’amis », ce sont des créations d’Asuncion Molinos GordoBao Vuong & Jenny Ymker qui nous sont proposées. Vient la « chambre du baron », avec 25.000 morceaux de briquesrécoltées dans la Ville d’Hambourg, suite à un bombardement alliécomposent « Altstadt » (2014), une création d’Elizaveta Konovalovajouxtant « Lire » (1986) & « Valise Bateau » (1982) de Jean-Michel Folon.

Des oeuvres de Geneviève AsseOlivier LeroiBenjamin Rossi & Félicien Umbreit nous sont ensuite présentées dans la « salle de bain du baron ». Arrivant dans la « salle de bain de la baronne », nous découvrons des travaux d’Ann Veronica Janssens & Philippe Ramette. Par le « couloir de nuit », décoré de  créations de Taysir Batniji & Elias Kurdy, nous arrivons dans la « chambre de la baronne », où nous retrouvons Kim Tschang-Yeul, dont trois oeuvres sont proposées à nos regards, notre visite se terminant dans le « boudoir de la baronne », avec un film, « The man who paints water drops (2020), nous présentant  cet artiste sud-coréen, réalisé par son fils Oan Kim, en duo avec Brigitte Bouillot, tentant de nous faire comprendre l’obsession de son père pour la peinture de  gouttes d’eaucomme s’il s’agissait de traquer une seule et unique chose qui, se multipliant, se dérobe et s’épuise.

« Exploration rationnelle des fonds sous-marins : la carte »/2006 © Philippe Ramette © « Fond. Boghossian »

Déployée au sein de l’architecture « Art déco » unique de la « Villa Empain »« Water » propose une multitude de regards inédits d’artistes autour de cette thématiqueà la fois intemporelle et universelleDe la goutte d’eau à l’espace infini de l’océan, « Water » explore les états variables de l’eau et la manière dont les artistes s’en emparent, convoquant chacun différentes intentions esthétiquespoétiquessensorielles ou politiques.

« The glacier melt series »/1999-2019 © Olafur Eliasson © « Collection TBA21 »

L’exposition présente notamment une sélection d’oeuvres des collections de la « Fondation François Schneider », sise à Wattwilleren, en France , et de la fondation internationale « TBA21 » (« Thyssen-Bornemisza Art Contemporary »), dont le siège est à Madriddes projets existant à Cordoue et à Venise. Cette première fondation a l’eau comme thématique centralequestionnant cet élément de manière esthétique, géographiqueplastique, poétique politique ou encore scientifiquela seconde ayant pour but de sensibiliser le public à la question de l’eau et de l’environnement et des océans.

« Brise-lame au poteau »/1909 © Léon Spilliaert © « Belfius Art Collection »

Avec comme intention de restaurer l’intime au cœur de la visitel’exposition invite le visiteur à la création d’émotions et de souvenirs sensibles,  cellulaires.

Catalogue © « Fondation Boghossian »

Catalogue (Ed. « Fondation Boghossian »/2023/103 p.) : 25€un « Carnet du Visiteur » (22p.) nous étant offert à l’accueil.

*** « Arménie. Le Temps du Sacré » (sous sol) :

Aucune description de photo disponible.

© « Fondation Boghossian »

La légenderapportée par les historiens grecs et romainsveut que l’Arménie ait été fondée par un descendant de Noé. Une naissance mythique pour un peuple dont l’histoire est marquée par le sceau de la tragédie, jusque dans l’actualité terrible de notre XXIè siècle. Et pourtant, la fascination reste intacte face au  patrimoine architectural et culturel exceptionnel, qui caractérise cette civilisation.

église de Surp Hovhannes-Meghri © Iconem (Modèle 3D)

Monastère de Kirants/Région de Tavush/XVIIIè s. @ « Iconem » (Modèle 3D)

La légenderapportée par les historiens grecs et romainsveut que l’Arménie ait été fondée par un descendant de Noé. Une naissance mythique pour un peuple dont l’histoire est marquée par le sceau de la tragédie, jusque dans l’actualité terrible de notre XXIè siècle. Et pourtant, la fascination reste intacte face au patrimoine architectural et culturel exceptionnel, qui caractérise cette civilisation.

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© « Musée arménien de France »

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© « Musée arménien de France »

En partenariat avec « Iconem »des vidéos immersives nous offrent une expérience unique à la découverte de sites historiques en danger, tels que les monastères emblématiques de ArakelotsGeghard, HaghpatHayravank, ou Kirants, ainsi que les sites de DeghdznutMeghri Surp Hovannes.

         « Prière contre le démon Tepra al, contre l’accouchement douloureux »/XIXè s. (Miniature de phylactère/ Manuscrit sur papier)                            © « Musée arménien de France »

« Synaxaire du Couvent du Saint-Signe »/Erzinka/XVIIè s. (Manuscrit sur parchemin) © « Musée arménien de France »

Cette exposition – réalisée avec le soutien du « Groupe Wilhelm & Co », d’ « ICONEM« de la « Fondation Aliph », de « TUMO » & de l’ « UGAB » – présente également des pièces exceptionnelles du « Musée arménien de France », fondé à Paris, en 1953. Ainsi, nous découvrons des   manuscritsminiaturesobjets liturgiques précieux, jamais exposés en Belgiqueplacés en regard d’œuvres d’artistes contemporainstels que Antoine Agoudjian,(°Saint-Maur-des-Fossés/ 1961), Jean Boghossian (°Alep/1949), Pascal Convert (°Mont-de-Marsant/1957), Mekhitar Garabedian (°Alep/1977), Aïda Kazarian (°Ixelles/1952) & « Sarkis » (Sarkis ZabunyanIstanbul/1938).

« Ornement de suspension de lampe d’église »/Kutahya/céramique/XVIIIè s.
@ « Musée arménien de France

Evangélistes Matthieu et Jean/Fragment de reliure/Vermeil repoussé, ciselé et martelé/XIXè s. © « Musée arménien de France »

En partenariat avec « Iconem »des vidéos immersives nous offrent une expérience unique à la découverte de sites historiques en danger, tels que les  monastères emblématiques de ArakelotsGeghard, HaghpatHayravank, ou Kirants, ainsi que les sites de DeghdznutMeghri Surp Hovannes.

Monastère de Deghdznut/Région de Tavush/XVIIIè s. @ « Iconem » (Modèle 3D)

Si la directrice de la « Fondation Boghossian »Louma Salomé (°Beyrouth/1981), est l’une des commissaires de cette expositionlisons le propos de son co commissaire, Bernard Coulie (°Bruxelles/1959), docteur en philologie & histoire orientalesà l’ « UCLouvain » (post-doctorats à l’ « UCLouvain » (post-
doctorats à    Harvard    & à Vienne) : « Pour les Arméniens, ce qui permet à chacun de nous de dépasser sa nature éphémère et de s’inscrire dans la durée du temps est la mémoire : nous ne disparaissons pas aussi longtemps que quelqu’un se souvient de nous. La mémoire, le souvenir et le rappel maintiennent vivants. La mémoire passe par la parole et par l’écriture, et elles se rejoignent lorsqu’il s’agit de lire à haute voix. Et l’écriture elle-même est sacrée. Selon la tradition, en effet, c’est Dieu lui-même qui inspire à Mesrop Mashtots l’alphabet arménien, comme il avait déjà dicté à Moïse, dans les ‘Tables de la Loi’. Passer par l’écriture  revêt alors une dimension sacrée.

Monastèrede Kirants/Région de Tavush/XVIIIè s. @ « Iconem » (Modèle 3D)

« C’est pourquoi les murs des églises arméniennes sont couverts d’inscriptions rappelant les noms des donateurs, des princes et des évêques, qui se lisent sur les pierres tombales et sur les ‘khatchkars’. Celui qui lit ses noms maintient les disparus en vie. C’est pourquoi les copistes des manuscrits arméniens ajoutent souvent, à la fin de leur travail, une note relatant les circonstances dans lesquelles ils ont œuvré ; ils y donnent les noms des rois, des catholicos, des patriarches, et surtout leur nom et ceux des membres de leur famille, et terminent par une formule invitant le lecteur à se souvenir d’eux. »

Mgr. Parkèv Mardirossian/basilique Ghazanchésots/Artsakh/Haut Kharabagh/2016
@ Photo : Antoine Agoudjian

Vivons donc intensément cette invitation au voyage, dans l’Arménie millénaireoù la réalité virtuelle côtoie vestiges historiques et œuvres contemporaines.

La « Villa Empain » © « Fondation Boghossian »

Ouverture des 2 expositions : jusqu’au dimanche 10 mars, du mardi au dimanche, de 11h à 18h. Prix d’entrée 12€ (10€, pour les membres d’un groupe de minimum 8 personnes) / 8€, pour les étudiants, les enseignants, les personnes à mobilité réduite & les seniors / 4€, pour les étudiants de moins de 26 ans / 0€, pour les moins de 12 ans, les « Art. 27 », sur présentation du « museumPASSmusées » & pour toute personne, le jour de son anniversaire). Contacts :  02.627.52.30 & info@boghossianfoundation.beSite web : https://villaempain.com/.

A noter :

** Conférence : « 2022-2024 : Où en est la guerre en Ukraine ? »le jeudi 29 février, à 19h, par Michel Goyaauteurhistorien, colonel des troupes de marines & Jean Lopez, auteur, directeur de la rédaction du bimestriel « Guerres & Histoire » & rédacteur en chef du « Mook De la Guerre ». Prix d’accès :  15€ (7€, pour les étudiants).

** Visite guidée gratuite (sur présentation d’un billet d’entrée) : le dimanche 03 mars.

** « BANAD » (« Brussels Art Nouveau & Art Deco ») : dans le cadre de ce Festival, mettant en valeur le patrimoine Art nouveau & Art décoen  Région de Bruxelles-Capitaledes visites guidées sont organisées, le samedi 09 & le dimanche 10 mars, entre 11h & 15h. Site web : https://www.banad.brussels/.

Lieu culturel incontournable de la vie artistique bruxelloise, la « Villa Empain » est un remarquable témoin de l’architecture « Art déco », édifiée au début des années 1930, sous la conduite de l’architecte Michel Polak (1885-1948), pour le Baron Louis Empain (1908-1976). Sa maison privée devint l’Ambassade de l’URSSpuis le siège de « RTL ». Partiellement détruite et vandalisée, elle fut laissée à l’abandon, au début des années ’80. Vint la « Fondation Boghossian », qui l’acquit en 2006. Après quatre années d’une restauration complexe et minutieusemenée dans le respect de l’histoire du bâtiment, la « Villa Empain » obtint le « Prix Europa Nostra »attribué par l’ Union Européennece superbe espace muséal est, assurément, à découvrir ou à redécouvrir.

Yves Calbert.

Membre de l’Union de la Critique de Cinéma 

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